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 LA CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES

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Nath
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Nombre de messages: 426
Date d'inscription: 05/07/2005

MessageSujet: LA CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES   Jeu 1 Sep - 12:02

LA CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES




On va différencier les névroses, des psychoses, des démences et des oligophrénies
- Les névroses sont les maladies qui déstructurent le moins la conscience et la personnalité.
- Les psychoses sont les maladies qui déstructurent massivement la personnalité.
- Les démences sont un affaiblissement psychologique progressif dont la cause est une infection organique cérébrale.
- Les oligophrénies sont des états d'arriération intellectuelle.

I. Les névroses

Le concept même de névrose a beaucoup évolué au cours de l'histoire de la psychiatrie. Il a été utilisé pour la première fois au XVIIIème siècle par un médecin écossais, William Cullen, et par son traducteur français Philippe Pinel. Il a utilisé ce terme pour désigner une maladie du système nerveux d'origine aussi bien lésionnelle que psychologique. Au XIXème siècle, on met dans cette catégorie tous les troubles dont on perçoit mal l'étiologie. C'est seulement au XXème siècle que le concept de névrose trouve sa définition naturelle. On considère actuellement la névrose comme un trouble mental dont le sujet a douloureusement conscience, dont il perçoit très bien le caractère pathologique alors que simultanément il n'a aucun pouvoir d'action volontaire pour le changer. Exemple de la phobie, la claustrophobie. Ensuite, on relève comme symptôme dominant l'angoisse sous ses deux formes : latente et paroxystique (panique aiguë d'angoisse). Deux autres symptômes toujours présents sont l'agressivité et la fatigue (l'asthénie).

On peut dire que cette névrose correspond toujours à certains caractères : la névrose n'altère pas le système de réalité, c'est-à-dire que le sujet n'imagine pas que sa réalité subjective est la réalité des autres.

Le second caractère est que cette pathologie détermine des troubles des conduites sociales restant mineurs. Le sujet ne remet pas en question son travail, son activité professionnelle ni son rôle dans la famille. Tous ces troubles se dressent sur une relative adapatation sociale.

Troisième caractère : les symptômes névrotiques sont en général compréhensifs en fonction de l'histoire du sujet. Cette affection névrotique est très répandue puisqu'elle touche environ 10% de la population. Il est important de bien la repérer car la majorité des malades ne consultent jamais et ne se soignent pas. Il existe différents critères dans la classification des différentes névroses, selon le domaine d'investissement de l'angoisse.

1. La névrose d'angoisse

L'angoisse ne va pas s'investir sur un objet précis mais elle demeure libre et flottante. Donc, le tableau clinique va être caractérisé par un fond permanent d'angoisses qui va se manifester au niveau somatique (insomnies, spasmes...) et psychologique (le soucis et l'anxiété permanente). Sur ce fond vont se greffer des manifestations paroxysmiques (crise aiguë d'angoisse).

2. La névrose phobique

C'est quand l'angoisse va s'investir sur certaines situations et sur certains objets-situation : claustrophobie, agoraphobie (phobie des espaces sociaux dégagés). La phobie est répandue dans notre société. Quand le sujet est confronté à l'objet il est immédiatement envahi par l'angoisse avec oppression, panique, tremblements et parfois syncope, par contre dès qu'il n'est pas confronté tous ces troubles cessent.

3. La névrose obsessionnelle

C'est quand l'angoisse se porte sur le mental, sur les idées. Une pensée va s'imposer à la conscience et le sujet ne va plus pouvoir s'en débarrasser (TOC : Troubles Obsessionnels Compulsifs). Par exemple, se laver les mains, fermer le gaz...

4. La névrose hystérique
Lorsque l'angoisse se porte sur le corps. L'hystérie est une névrose dont les systèmes s'expriment physiquement sans qu'il y ait une atteinte organique, il s'agit donc d'une manifestation somatique, d'un conflit psychologique, c'est ce que l'on appelle en psychanalyse une conversion. Les symptômes de conversion hystérique les plus fréquents sont la paralysie, la cécité, et toutes les différentes douleurs qui n'ont pas d'explication organique. L'hystérie se caractérise par une personnalité particulière, très extravertie et théâtrale. Le moi de l'hystérique est très faible et très fragile, il a besoin d'être reconnu par l'autre pour exister. On dit que l'hystérique n'existe que par le regard de l'autre.

II. Les psychoses

Ce mot vient du grec psyché qui signifie l'âme et ose est un suffixe qui signifie en médecine une maladie chronique dégénérative. Actuellement, on différencie les psychoses des névroses en fonction de critères précis. D'abord, la personnalité est atteinte très profondément et dans tous les domaines : dans la sphère cognitive, en particulier au niveau des perceptions, il y a hallucination ; au niveau du jugement et du raisonnement, en particulier au niveau du délire. Il y a atteinte au niveau de l'affectivité, de l'humeur et des émotions, l'humeur est constamment pathologique (humeur exaltée ou dépressive). Au niveau de la vie relationnelle, le sujet n'a pas conscience du caractère pathologique de son état, on dit qu'il est aliéné, c'est-à-dire étranger à la réalité. Le trouble psychotique est tellement profond que le sujet n'arrive plus à s'adapter socialement et il est parfois difficile de garder le malade à la maison, une hospitalisation psychiatrique est souvent nécessaire. L'insertion professionnelle est difficilement envisageable et les réactions du malade peuvent devenir dangereuses pour lui-même (mutilations, refus de s'alimenter, tentatives de suicides) et pour les autres (passages à l'acte : Acting out, souvent agressif). On va retenir deux critères pour classer les psychoses :

1. L'origine

On oppose les psychoses endogènes et exogènes.

Les psychoses exogènes sont toujours déclenchées par un facteur externe, en général un facteur toxique, par exemple l'alcool qui déclence le delirium et l'extasie.

Les psychoses endogènes qui vont se développer sur des constitutions psychiques morbides particulières, par exemple, la PMD (Psychose Maniaco-Dépressive), psychose à caractère cyclique.

2.La durée

On va opposer les troubles aigus aux troubles chroniques.

Les troubles aigus surviennent sur des sujets sains, ils débutent brusquement du jour au lendemain et en général pour des raisons totalement inconnues, ils vont bouleverser en profondeur toute la psyché et il aboutissent à une destruction importante de toutes les fonctions, par exemple, la bouffée délirante aiguë. Ces troubles aigus guérissent soit spontanément, soit par des méthodes cliniques. Ces troubles peuvent guérir sans séquelles.

Les troubles chroniques vont avoir un début lent et progressif. On ne retrouve pas une destruction totale des facultés mais une sorte de coexistence de pensée normale et pathologique. Le trouble mental chronique adhère plus profondément à la personnalité donc la guérison sera moins complète que les troubles aigus. Par exemple, les psychoses schizophréniques et les délires chroniques (paranoïa).

III. Les oligophrénies ou états d'arriération

C'est l'état d'une personne présentant un retard mental par rapport à la moyenne des sujets de son âge. ce déficit mental est congénital. Il correspond à une insuffisance du développement de l'intelligence. Dans la définition on s'aperçoit qu'elle tient compte que de l'aspect quantitatif intellectuel (QI) alors que de nombreux autres troubles sont imbriquées, par exemple des éléments affectifs, moteurs et des éléments psychopathiques. L'arriération mentale est une infection qui pose de nombreux problèmes humains et sociaux, d'abord un problème numérique, il y a en France 2 millions d'arriérés de tout niveau, problème social et économique qui sont liés à l'absence d'insertion professionnelle de cette population. Des problèmes médicaux et pédagogiques, sur le plan médical il y a une certaine progression dans les connaissances de l'étiologie de l'arriération et on développe la prophylaxie. On développe également le traitement et la réadaptation des enfants par des méthodes psychopédagogiques.

C'est à Binet et Simon que revient le mérite d'avoir clarifié les niveaux d'arriération et surtout qui ont proposé une méthode pour les quantifier. Cette méthode repose sur la notion d'âge mental qui correspond au niveau intellectuel suffisant pour réussir certaines tâches. On sait que dans le développement de l'enfant les acquis apparaissent progressivement et dans le même ordre (marche : 12-15 mois, propreté à 2 ans, dessin du cercle à 3 ans). Le niveau de développement atteint par l'enfant est son âge mental que l'on va pouvoir comparer avec son âge réel = et à ce moment le QI (moyenne = 100). Théoriquement, les notes supérieurs indiquent une intelligence supérieur et inversement. 50% de la population a un QI entre 90 et 110, 68% entre 80 et 120. Cette notion d'âge mental a permis à Binet et Simon d'établir une première classification : ils ont appelé idiotie les niveaux inférieurs à 3 ans d'âge mental, d'imbécillité profonde de 3 à 5 ans d'âge mental, imbécillité légère de 5 à 7 ans, débilité profonde de 7 à 9 ans, et débilité légère de 9 à 10 ans. Cette classification n'est plus utilisée telle quelle actuellement. En France, on se sert de l'étalonnage français ou de la classification américaine qui est utilisée par l'OMS. Dans une perspective clinique on va différencier les débiles éducables, semi-éducables et les arriérés profonds.

Classification française : on appelle débilité légère un QI entre 65 et 80, moyenne entre 64 et 50, profonde entre 49 et 30, et arriération profonde un QI<29.
- Les débiles légers : statistiquement, ce sont les plus nombreux, ils représentent 75% des arriérés et 3% des enfants d'âge scolaire. On retient 3 critères d'appréciation pour caractériser leur niveau : le critère psychométrique (QI entre 65 et 80), le critère scolaire (un enfant débile léger aura des difficultés dans sa scolarité), le critère social (le sujet aura des difficultés à accéder à l'indépendance sociale et à l'autonomie économique). Dans cette catégorie d'enfants, on trouve des enfants qui présentent une réelle insuffisance intellectuelle qui peut être due à une lésion cérébrale, également des enfants en inhibition intellectuelle provoquée par des conflits psychologiques et enfin des enfants négligés culturellement qui vivent dans des milieux très défavorisés. Dans cette classe la thérapie va dépendre de la précision du diagnostic qui pourra être une pédagogie spécialisée ou une prise en charge psychothérapeutique.
- Les débiles moyens : QI entre 50 et 65. A côté des facteurs mentaux, on relève une importante immaturité affective : fort besoin de sécurité avec fixation aux parents et un égocentrisme très important qui est caractérisé par une grande susceptibilité, une vanité et un entêtement. Le débile moyen est très suggestible et crédule, il est peu sensible à la conscience morale. Il s'ajoute à cela des symptômes psychomoteurs comme des spasmes, des convulsions et souvent une mauvaise latéralisation. Chaque individu a une dominante sensori-motrice d'un côté de son corps qui correspond à une organisation neurologique complexe qui permet de vivre l'espace à partir de son corps et cette latéralisation est responsable de l'habilité, de la dextérité manuelle et de l'organisation spatiale.
- Débilité profonde : les capacités sont très limitées et le sujet n'est pas capable de percevoir les dangers les plus élémentaires. C'est un individu qui ne parvient à apprendre le langage écrit et il va pouvoir accéder qu'à des tâches simples et répétitives. Au point de vue de la personnalité, il oscille entre l'indifférence, l'apathie, l'excitabilité et la violence. Les actes médicaux légaux ne sont pas rares (coups et blessures) puisque l'impulsivité n'est pas freinée par un contrôle volontaire.
- Arriération profonde : dégré d'atteinte le plus grave, le sujet ne parvient pas à parler, il prend aucun soin de lui et a besoin d'être constamment assisté. Elle s'accompagne souvent de malformations comme une très petite taille, un crâne mal formé, le visage asymétrique, le tronc déformé, et on note souvent des anomalies des yeux, des oreilles et des dents. La psychomotricité est rudimentaire, il y a souvent incapacité de marcher, on note des balancements du tronc et de la tête, des impulsions motrices et des incontinences urinaires et fécales.

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